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LE CARNAVAL DE CHAMBERY

Même s’il n’est pas aussi célèbre que le carnaval de Nice ou de Dunkerque, le carnaval de Chambéry est un rendez-vous important dans les événements populaires et festifs de la Cité des Ducs.

Depuis 27 ans, le carnaval de Chambéry est un grand rendez-vous pour les grands et les petits. Il réunit plus de 20.000 personnes dans les rues et un millier de participants dans le cortège. C’est aussi un des plus grands carnavals de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Un thème est choisi chaque année, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, les rues de Chambéry se remplissent d’artistes de cirque, d’artistes de rue, de comédiens, de musiciens, de danseurs, avec une participation massive des maisons de l’enfance et des centres socioculturels. Des chars sont construits spécialement pour l’occasion et des machines spectaculaires et féeriques défilent avec le cortège.

Le thème choisi pour l’édition 2017 était “La machine à explorer le temps”. Malgré l’annonce d’un temps incertain, la pluie n’a fait son apparition qu’à la fin du défilé, le carnaval 2017 a démarré à 14h30 de place de l’Hôtel de Ville, pour ensuite déambuler dans les rues du centre-ville avant de rejoindre la place de l’Europe pour le spectacle de clôture.

L’origine du Carnaval

La tradition du carnaval est presque aussi ancienne que l’homme lui-même. Les  plus anciennes connues remontent à l’antiquité. Comme de nombreuses fêtes, le carnaval doit ses origines à l’antiquité et à l’Eglise catholique. Dans sa volonté de s’imposer comme seule religion, l’Eglise catholique a dans un premier temps lutté contre des pratiques qu’elle considérait comme idolâtres puis elle les a progressivement récupérées et intégrées aux pratiques et croyances catholiques.

C’est une période de divertissement pendant laquelle l’ordre établi et la distribution des rôles sont renversés. Le roi devient un humble habitant, le mendiant est sacré roi, chacun se promène masqué ou grimé, et se cache derrière son masque pour faire ce qui lui est interdit en temps normal. Les conventions et les règles sociales sont modifiées, bousculées et oubliées pendant le carnaval.

Le Carnaval commençait le jour de l’épiphanie et se terminait le jour de mardi-gras veille du mercredi des cendres. Selon les pays ou les régions, la durée du Carnaval pouvait varier.

Les traditions gourmandes

Le carnaval et mardi gras sont toujours liés à la dégustation de pâtisserie simples comme les crêpes, les beignets, les bugnes, les merveilles d’Aquitaine ou les gaufres.

Comme souvent à l’origine de nombreuses fêtes traditionnelles et gourmandes, il y a presque toujours une signification religieuse et la tradition de carnaval et mardi-gras, n’échappe pas à la règle.

Pour préparer Pâques, les chrétiens pratiquaient le carême. Le Carême était une période de jeûne et de prière qui durait 40 jours, en souvenir de la retraite de Jésus dans le désert. Par opposition à ces privations, un jour d’abondance le précédait : Mardi-gras.

Ce jour-là, était le dernier jour où les chrétiens pouvaient manger du « gras », d’où son nom. La tradition de faire des crêpes et des beignets vient de la nécessité d’épuiser toutes les provisions d’œufs et de gras qui ne pouvaient pas se conserver pendant les 40 jours du Carême.

Les Bugnes

Les bugnes, fameux petits beignets recouverts de sucre glace, sont des spécialités culinaires savoyardes. Bien que ressemblant aux merveilles, spécialité du Sud-Ouest, les bugnes sont bien savoyardes ! Même si au fil du temps, elles sont devenues des spécialités de la région Rhône-Alpes toute entière.

http://www.savoie-mont-blanc.com/Decouvrir/Deguster/Recettes/Recette-Les-bugnes

le 04 mars 2017

Le Salon de l’agriculture

Pour moi c’était une première… allez voir les vaches, les cochons, les moutons, les poules et les chevaux au salon de l’agriculture. On nous l’a dit et on nous l’a rabâché c’est la plus grande ferme de France et c’est vrai… On se sent tout petit en arrivant, écrasé par les immenses bâtiments gris, les allées bétonnées et le monde qui défile.

A quoi sert le Salon de l’Agriculture ?

Pour le côté politique, on a bien saisi, on pige également pour les enfants, on comprend aussi pour les agriculteurs, mais pour vous, pour moi, pour nous ? Si vous avez déjà vu une vache en vrai, il n’y a rien de palpitant à contempler toutes ces bêtes et pourtant que oh que de ah devant toutes ces stars qui représentent toutes les régions de France. Mais au Salon de l’Agriculture, il y a surtout tous ces gens qui viennent partager leur passion pour le monde agricole… Et leurs bons produits.

A force d’avoir vu Chirac se gaver de sauciflard, de vin, de fromage, de bière et de chocolat, on sait tous que le Salon de l’Agriculture, c’est aussi ça. Des centaines de producteurs venus promouvoir leur savoir-faire. Et en ces temps incertains où la traçabilité alimentaire est parfois quelque peu folklorique c’est plutôt appréciable de se retrouver en face de l’homme qui fabrique la terrine que vous allez manger.

Le Salon, c’est aussi une ambiance, des rires, des chants, du bon vin, des bons produits et de bons restaurants.

Mais, tout n’est pas bon dans le salon

Il est parfois difficile de faire la part des choses entre les vrais producteurs et les revendeurs. En bon savoyard, nous avons regardé et comparer le prix de nos fromages. Les Fromages de Savoie étaient présents aux côtés des vaches de race Abondance et Tarine, dans le pavillon 1, à des prix défiants toute concurrence… d’ailleurs les visiteurs ne s’y étaient trompés au vu de la file d’attente. Mais malheureusement, nous avons également vu des revendeurs qui proposaient notre Beaufort à 54 euros le Kg.

La Savoie au salon de l’agriculture

Au beau milieu de salon, c’est sous la bannière Savoie Mont blanc, que nous avons retrouvé nos Tarines et nos Abondances. Sur le stand, dégustation de Beaufort, d’Abondance, de reblochon et de tommes des Bauges mais également promotion de nos territoires. Et surtout vente de nos fromages, l’an passé, 10 tonnes de fromage ont été vendus sur le stand Savoie-Mont Blanc.

Au Pavillon 3, au sein de l’espace Rhône Alpes Les viticulteurs de Savoie sont aussi venus pour faire connaître leurs produits et leur savoir-faire.

Se prendre en photo avec Cerise

Toujours au pavillon 1, vous admirerez Cerise l’égérie du salon 2016. Oui c’est une vache, oui comme la fille blonde de la pub Groupama elle s’appelle Cerise et oui il y a autant de monde qui se presse devant elle que devant la Joconde.

Rétrospective

Héritier des Comices Agricoles du 18ème siècle, c’est en 1870 qu’a eu lieu le 1er concours général agricole, au Palais de l’industrie au coeur de Paris. Des animaux de boucherie, des volailles, des produits laitiers et enfin des machines sont exposés. Au fur et à mesure des années, le Concours Général Agricole  permet la sélection des races françaises des animaux reproducteurs. En 1909, le concours évolue et devient “la semaine de l’agriculture de Paris”.

Toutefois, la semaine de l’agriculture va être suspendue à cause de la première guerre mondiale, elle reprendra en 1923. A cette date, les animaux de boucherie sont définitivement mis sur la touche au profit des animaux reproducteurs (bovins, ovins, porcins et chiens de berger). En 1925, départ pour le parc des expositions de la porte de Versailles avant de s’interrompre une nouvelle fois avec la seconde guerre mondiale.En 1964, il devient le Salon International de l’Agriculture.

Si ce salon attire autant de monde (plus de 700 000 personnes en 2015), c’est parce qu’il ne se limite plus aux animaux, produits agricoles, laitiers et machines agricoles. En effet, ce salon est l’occasion d’organiser des concours des produits du terroir et des vins.

Organisé en quatre univers (élevages et ses filières, produits gastronomiques, cultures et filières végétales, métiers et services de l’agriculture), le salon accueille chaque année 1050 exposants et plus de 4000 animaux.

Je suis rentrée exténuée …. mais émerveillée.

un site pour découvrir le salon de l’agriculture en vidéo :

https://www.salon-agriculture.com/Tout-sur-le-salon/Actualites-du-salon/Les-carnets-de-bord-de-Julien

Le 1er mars 2016

Le marché de chambery

Dès le XIème siècle, les premières mentions relatives à Chambéry attestent la présence d’un marché, élément déterminant dans le développement de la ville. Les Halles, complètement transformées, perpétue ces rendez-vous entre producteurs et consommateurs en plein centre ville.

Histoire des Halles

Le bâtiment actuel en béton armé est une construction qui débuta en 1939 et qui se poursuivra jusqu’à 1945 pour cause de guerre. Depuis 1970, la question se posait de le conserver ou non. Finalement la ville a choisi de le restaurer et de l’agrandir.

En 2011, les nouvelles Halles sont inaugurées, il ne s’agit pas seulement d’un marché couvert mais aussi d’un petit centre commercial accueillant onze boutiques, dont un cinéma.

Le marché

Les Halles et les producteurs sur la Place de Genève sont présents 4 jours par semaine, mais c’est le samedi que le marché est à son apogée pour la diversité des commerçants, des producteurs et pour sa fréquentation. Un grand marché ou vous trouverez des produits frais, des fruits et légumes du terroir, du poisson, de la viande d’éleveur de la région Mais également des produits exotiques, des épices, des plats tout préparés et des fleurs …

Prenez votre temps pour flâner entre les étals, pour vous imprégner de cette ambiance particulière, des odeurs, de cette agitation et de cette convivialité. C’est un monde un peu hors du temps que vous aller découvrir en faisant vos emplettes…Attardez-vous sur les terrasses tout autour du marché pour un café tôt le matin ou pour l’apéritif, c’est d’ailleurs mon créneau préféré.

http://www.savoie-mont-blanc.com/offre/fiche/marche-des-halles-de-chambery/119128

Le 25 juillet 2015

LES ALLEES DE CHAMBERY

Si Lyon a ses « traboules », le terme utilisé à Chambéry est Allée ou Passage. On compte dans Chambéry 91 Allées-passages dans le secteur sauvegardé (le centre historique) et 44 passages hors secteur sauvegardé.

Très peu de ces passages on un nom sauf du côté de la place Saint Léger et très peu ont des plaques bien visibles pour le promeneur.

Toutefois, l’Office du Tourisme fourni un plan avec les allées-passages principalement autour de la place Saint Léger. Ce plan est bien fait et vous permettra de vous perdre dans ces allées qui  constituent un véritable dédale reliant des cours invisibles depuis la rue. Certaines s’ouvrent sur des petites places ou des hôtels particuliers

Beaucoup de ces allées-passages sont privées mais avec un peu de chance on peut tomber sur des portes ou des grilles ouvertes.

Je me suis intéressée aux allées de la Rue Croix d’Or et de la Rue d’Italie. Voici quelques une de mes découvertes mais  je suis loin d’avoir tout exploré car beaucoup de portes sont fermées. N’hésitez à prendre à droite ou à Gauche des rues car ces Allées se cachent de chaque côté.

Les photos vous permettront de voir des endroits surprenant derrière ces allées…

Rue Croix d’Or

  • Entre le 153 rue de la République et la Rue Dessaix
  • Entre le 111-113 Rue Croix d’Or donne sur la Rue Dessaix
  • Passage Costa : Entre le 85 Place Métropole au 106 Rue Croix d’Or
  • Hôtel de Castagnery de Châteauneuf : 18-22 Rue Croix d’or (donne sur une cour intérieure)

Rue d’Italie

  • Au 106 Rue Croix d’Or donne sur la Place Métropole
  • 17-25 Rue Croix d’Or donne sur la cour intérieure de l’Hôtel des Marches
  • 18-22 Rue Croix d’Or donne sur la cour intérieure de l’Hôtel Castagnery de Châteauneuf
  • Au 121 Rue d’Italie et l’impasse du Mont Blanc
  • Entre le 6-12 rue du Théâtre : Square du Mont Blanc
  • Entre le 48 rue d’Italie et le 14 rue de la Banque (le long de l’Eglise réformée).

Le 30 mars 2015

VILLA ARGENTINE

Le Savoyard Claude Martin émigre en Argentine. Après avoir fait fortune, en fondant une chaîne de boulangerie il revient à Chambéry en 1874. Il achète en 1896 l’ancienne « villa Maurice ».

Cette magnifique villa située dans le secteur de la Moutarde alors vierge de tout habitat  sera remaniée en 1910 par son épouse.

En effet, Claude Martin est décédé en 1906 il ne verra pas la fin des travaux de son hôtel particulier. Cet hôtel est situé en face de la fontaine des Eléphants au début de la rue qui porte son nom et abrite aujourd’hui la Caisse d’Epargne.

C’est l’architecte Eugène Pierron qui sera chargé de cette transformation. On lui doit l’ajout de la tourelle avec un couronnement original.

L’architecte s’est surtout exprimé avec la construction de la maison du gardien et des communs qui présentent des toits rustiques et de larges auvents. Cette architecture d’un style régionaliste anglais, issue de la mode des cottages était très en vogue début du XXe siècle.

La maison du gardien présente une architecture à la stéréotomie particulière. L’emploi d’une polychromie se réduit à quelques bandes continues de briques polychromes sur la tourelle.

La forme du bâtiment des communs est aussi héritée des conceptions des architectes anglais. Il s’agit d’une structure fonctionnelle au décor domestique qui s’organise sur un plan en Y qui, en multipliant les façades, permet un contact avec le paysage environnant.

Cette villa m’a rappelé les villas mexicaines que l’on peut voir à Barcelonnette (Vallée de l’Ubaye).

 Comment s’y rendre :

  • Prendre la montée de la Moutarde au rond point de la piscine découverte.
  • Au rond point en haut de la Moutarde, prendre sur votre gauche la Rue Argentine.
  • Descendre la Rue Argentine, au bas de cette rue sur votre gauche vous verrez la villa Argentine.

Il s’agit d’une propriété privée mais j’ai pu rentrer dans la cour sans problème pour admirer les façades.

Le 15 mars 2015

Le Fantôme de Malevitch

carreLorsque vous mangerez une glace à la terrasse de la Sibérienne, levez les yeux et vous pourrez admirez une œuvre de François Morellet. Je suis passée devant, pendant des années, sans la voir. Grâce à ma fille, j’ai enfin levé les yeux et appris que nous avions à Chambéry une oeuvre d’un grand artiste contemporain. Je vais vous révélez le secret de ce fantôme…

Il s’agit d’un carré en marbre de carrare installé sur la façade du Musée des Beaux Arts. En 1981, lorsque cette œuvre est installée sur cette façade il s’agissait de l’entrée principale du musée.

François Morellet

François Morellet né le 30 avril 1926 à Cholet (Maine-et-Loire), est un artiste contemporain français, peintre, graveur et sculpteurIl est considéré comme l’un des acteurs majeurs de l’abstraction géométrique de la seconde moitié du xxe siècle et un précurseur du minimalisme.

François Morellet a développé une œuvre majeure au sein de l’abstraction géométrique. Membre fondateur en 1960 du Groupe de recherche d’art visuel (GRAV). Il a multiplié les types d’intervention plastique, depuis la peinture sur châssis jusqu’aux projets dans la ville et l’architecture qu’il intitule « désintégrations ». Les trames, le développement de nombreux systèmes, l’ironie apportée par les titres, l’appel au hasard à l‘intérieur de principes préétablis déterminent sa démarche.

http://mediation.centrepompidou.fr/

 Ainsi invoque-t-il, aussi, le Fantôme de Malevitch, 1981, en insérant, dans les niches de la façade du Musée des Beaux-arts de Chambéry, les coins d’un carré blanc imaginaire, tout en marbre de Carrare, qui serait inclus dans l’épaisseur du mur. Morellet a de la sorte anticipé, dès le début des années 1980, la relecture postmoderne de l’histoire de l’art que les Néo-géo des années suivantes allaient mettre en oeuvre.

Si vous voulez en savoir plus sur cette oeuvre, je vous conseille le lien suivant :

http://musees.chambery.fr/2093-matiere-a-penser.htm#par36383

le 1er février 2015

Le Château de Caramagne

Le juriste Bernadino Becchi, né dans le petit village de Caramagne (Piémont), en a été le bâtisseur au XVIe siècle, même si l’origine de cette maison est beaucoup plus ancienne. La propriété passa ensuite à la famille des Bertrand de la Pérouse, puis à Frédéric de Bellegarde en 1783. La décoration du grand salon (fin XVIIIe siècle) comme celle des façades (début XIXe siècle) aurait été réalisée à l’époque de ce propriétaire, par des artistes piémontais dont les noms sont inconnus.

En 1812, Joseph Gillet, prend possession de la maison et la loue en 1820 à la marquise de La Pierre (une anglaise mariée à un Chambérien) et à une de ses compatriotes, madame Birch qui deviendra la belle-mère d’Alphonse de Lamartine.

Le poète Alphonse de Lamartine rencontre en 1819 Marianne Elisa Birch et ils se marient un an plus tard.

Pour ce mariage, il aura fallu vaincre bien des écueils. D’abord la religion car Madame de Birch de confession Anglicane ne souhaite pas d’un gendre catholique. Et puis Lamartine sans situation passe pour un coureur de jupons…

Les choses vont s’arranger en 1820, grâce au poste d’attaché d’ambassade à Naples qu’il obtient et  grâce au succès rencontré par la publication des « Méditations Poétiques ».

Le château est une propriété privé mais de l’extérieur vous pouvez voir la magnifique loggia avec ses colonnes en marbres. Des peintures à la détrempe présentent de fausses colonnes et fausses  sculptures. Devant cette belle demeure on a l’impression d’être en Italie.